Renouer avec le bien
L'idée de louer un 1 1/2 dans une grande ville comme New York ou Chicago m'était auparavant insensée. Ayant vécu dans un Montréal aux tarifs modestes, comment pourrais-je sacrifier l'espace et le confort pour un minable taudis. "Habiter dans une capitale culturelle mondiale n'a pas de prix!" me rétorquaientt sans cesse mes acolytes du bureau. Ce n'était pas suffisant. Jamais allais-je troquer mon allocation alimentaire pour me noyer nuit après nuit dans l'alcool des cave à jazz du Theatre District. Jamais allais-je me retrouver à jouer à "passe-cigarette" avec des inconnus en espérant calmer cette envie de nicotine qui allait se déclarer après cette troisième invasion coquerellienne. Jamais. Mais tout ça c'était avant ma découverte du quartet parisien Frix. Maintenant, je suis fauché, en moins bonne santé et toujours sans nouvelle de ma copine depuis qu'elle m'a quitté pour Lisbonne avec cet homme à la coupe rasta, mais je goûte la vie. Tout ça, grâce à Frix. Et Prague.
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De l'importance de s'aimer
Sur son dernier effort chez Playscape, From Seeds, le guitariste Michael Mussilami nous offrait un album énergique, gonflé à bloc par l'ajout de trois musiciens à son trio: soit le saxophoniste Marty Ehrlich, le trompettiste Ralph Alessi et le toujours plaisant vibraphoniste Matt Moran. Or, pour Old Tea, Mussilami ne fait pas appel à cette formule étendue que représentait si bien le 3+3. Retour donc au trio de base avec Joe Fonda (basse et flute) et George Schuller à la batterie. Certes, l'homme s'amuse toujours autant avec sa guitare, cependant, n'ayant plus recours aux cuivres, monsieur se laisse aller (un peu trop) avec ses pédales. Parfois redondant, et sonnant plus souvent comme un vieil oncle qui vient de dépoussiérer sa Stratocaster "des belles années", Musillami semble écrire un album pour son public idéal: lui-même. Un constat qui n'engendre qu'une seule question: être ou ne pas être Michael Musillami? |