NOUVEAUTÉS 18 FÉVRIER 2010

NOUS PERÇONS LES OREILLES
SHAMAN
AMBIANCES MAGNÉTIQUES

Les grands
C'était l'été de 2009. Malgré ma réticence à collaborer à la grande arnaque que constitue le Festival International de Jazz de Montréal, je me suis laissé tenté par une paire de billets gratuite pour le show du grand maître qu'est Ornette Coleman. Mais aussitôt installé dans l'étrange lieu que constitue la salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-Arts, un sentiment de type claustrophilique s'empara de ma personne. Une salle trop grande, une salle trop peuplée, un Ornette trop loin. Ruiné. Avais-je perdu la raison? Non. Et voici pourquoi. À mes côtés, assistant parallèlement à la prestation Colemanienne, se trouvaient respectivement Joane Hétu et Jean Derome. Deux piliers. Deux géants. À mes côtés. Et soudainement, je compris. Car je ressentie en moi cette gêne, cet émoi plus grand que nature. À Ô combien de reprises avais-je entendu et vécu la musique de ces artistes dans l'environnement propice à la compréhension de leur art. Oui, ces gens savaient comment et surtout où véhiculer le message (sans rien enlever au grand Ornette) et l'avait fait tout au long de leur carrière. Sur Shaman, Derome et Hétu démontrent une fois de plus que l'intimité n'a pas de prix. Monsieur Simard, prenez note.

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ERIC VLOEIMANS' FUGIMUNDI
LIVE AT YOSHI'S
CHALLENGE JAZZ

Oakland represent!
Ici à 12 pouces, on reçoit souvent des trucs hyper cacophoniques, intenses, écoutable qu’à 75 pieds du ghetto, bref, de la musique pas super accessible. Alors vous pouvez imaginer les précautions que j’ai du entreprendre pour écouter un disque exhibant le terme « Challenge Jazz » en plein sur la pochette! Je me suis mis un casque de moto que j’ai par la suite rembourré de ouate, j’ai enfilé trois manteaux d’hiver pour absorber l’impact du son et, juste pour être certain de pas me faire emporter par le vent comme dans les annonces de Maxell (perdu le jeune?), j’ai demandé à Gab de 12 pouces de me taper sur le mur comme dans le vidéo « Métronome » de Malajube. Bin, laissez-moi vous dire que j’ai eu chaud longtemps dans mes trois manteaux pis mon gros casque, parce que c’est pas intense pantoute! C’est pas que c’est mauvais, au contraire. Mais disons qu’au lieu du combat avec le grizzly de feu que je m’étais imaginé, l’album sonne plus comme un réveil en Toscane ou l’ont peut se perdre éperdument dans les arômes et les couleurs du vieux continent.

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HAMID DRAKE ET BINDU
REGGAEOLOGY
ROGUE ART
Reggaed-moi-ben-aller
Wow, ça doit être la semaine des curve-balls. Février nous a assomé et l’étiquette Rogue Art n’est pas immunisée à la dose de confusion qui frappe l’hémisphère nord en entier. Ici, Hamid Drake se détache de son habituel free-jazz-virtuose-über-rhytmique pour nous offrir un album reggae de souche. Mais la catch c’est que si tu penses tomber sur du Prince Buster ou les Wailers, tu vas avoir tout un choc. J’imagine juste le gars qui s’allume un gros joint pis qui s'assoit dans son fauteuil, flattant son chat, faisant aller sa tête de haut en bas, quand tout à coup, t’as un solo de respires, ou Jeff Parker qui se lâche lousse sur sa pédal d’effets ou encore Napoleon Maddox qui me fait remettre toute ma vie en question en beatnickant Alan Ginsberg sous la table. Bref, c’est le meilleur album reggae pour quelqu’un qui trip pas vraiment reggae mais qui aime faire freaker ses amis du secondaire qui fument encore trop de pot.
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SABIR MATEEN
URDLA XXX
ROGUE ART

Seul avec tous
Que ce soit avec sa clarinette ou son saxophone, Monsieur Mateen s'impose comme un virtuose de l'alto. L'homme qu'on a mieux connu comme partenaire des Cecil Taylor, William Parker, Matthew Shipp et autres Roy Campbell Jr. de la sorte se paye une partouze à lui seul. Poète de la note, activiste des sons, le vieux routier crée une bulle hermétique ne laissant place qu'à lui, et son public. L'année 2010 n'a peut-être que deux jeunes mois, elle devra travailler fort pour déloger ce candidat au titre de meilleure performance individuelle sur disque. À déguster avec un whisky de son choix si possible.
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DONALD SEWARD
STUDIO "B" FUNK
LES DISQUES PLUTON

On est 6 millions, faut qu’on danse!

Holy Schmakarel! Si ce petit teaser gracieuseté des disques Pluton est sur la mire, on va tous solidement suer de la raie cet été! Y’a du monde qui suent de la raie quand ils sont excités, d’autres suent de la raie quand ils dansent… bin fait le calcul pis sort la moppe ti-cul, tu vas avoir d’la job!
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PROJECT TRIO
PROJECT TRIO
INDÉPENDANT

Flutiste qui fait du bruit avec sa bouche en jouant de la flute
La vie est faite bizarrement. Y’a deux mois, un ami me montra sur Youtube un clip d’un flutiste beatboxer dans le métro de New York. On a bien rit et depuis j’essaie de retrouver qui avait les balls de reprendre une pièce de Bach et de la faire solo à la flûte traversière en beatboxant! Bin voilà : Greg Pattillo, flûtiste de Project Trio. J’aimerais tellement avoir quelque chose de baveux à dire… tsé, beatboxer en 2010… mais bon, j’peux juste pas parce que ça sonne fly! La deuxième moitié de l’album par contre sonne un peu comme Riverdance, mais ne vous inquiétez pas, le tout se complète avec une reprise de « Sweet Child O’Mine » de GNR.
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IGNAZ SCHICK ET MARTIN TÉTREAULT
LIVE - 33 -45 - 78
AMBIANCES MAGNÉTIQUES

Couper-coller
Ah! Je suis sûrement le 93e chroniqueur culturel à faire ce jeu de mots facile-là en parlant de Martin Tétreault. Mais cette fois, qu'arrive-t-il si j'ajoute son équivalent berlinois, Ignaz Schick? Une mauvaise justification. Bien que l'album livre la marchandise (encore plus si écouté dans une pièce avec de très bons hauts-parleurs placés aux antipodes de la pièce en question), la médiocrité des calembours faisant office de titres d'articles d'objets culturels est en hausse depuis quelques années. La cause? L'homogénéisation d'un modèle paresseux propagé par les disciples du Voir et son étrange progéniture. Je vous entends déjà: "Mais en utilisant ce titre, n'êtes vous pas en train de participer à la continuité de cette tendance?" À cela, je vous répondrai: "Bien sûr, je suis un autre adepte de ce nihilisme montréalais de fond-de-cour".
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CHRISTOPHER LEHMAN
POPJAZZIC
EARLIN MUSIC & MEDIA

Créé pour aujourd’hui
"Ces deux chansons vocales et huit pièces instrumentales furent créées spécialement pour vous, le spectateur, pour vous divertir, pour vous enrichir et pour satisfaire votre passion pour la musique. Ma musique est contemporaine et vie dans la tradition spirituelle Afro-Américaine. Beaucoup de styles musicaux, blues, jazz, swing, rock, soul, R&B, Caribbean, pop et plus d’influence PopJazzic. Les mélodies sont accrocantes, les solos sont tonals et l’expérience musicale possède une énergie réjouissante. PopJazzic n’est pas lourd, mais n’est pas léger non plus; mais les enregistrements sont certainement une témérité spirituelle." No shit, c’est vraiment écrit ça dans la pochette.
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CHRISTINE JENSEN JAZZ ORCHESTRA
TREELINES
JUSTIN TIME

Toute la famille est là!

Je ne fête pas vraiment l'Action de grâce. D'ailleurs, je crois que cette tradition est beaucoup plus forte chez nos voisins du sud. Cependant, si jamais je dois organiser une telle fête après avoir marié cette jolie boulangère de la Caroline du Sud que j'ai jadis rencontré lors d'un tournoi de touch-football en 1987, Christine Jensen sera mon organisatrice en chef. Réunir plusieurs musiciens d'une même scène est une chose, mais leur construire un véhicule qu'ils pourront ensuite tous mené à terme (soit à la fin de l'autoroute) en est une autre. Mademoiselle Jensen fait le tout avec aise. Rien de trop compliqué, rien de trop banal. Du big band moderne comme certains l'aiment. L'album parfait pour substituer n'importe quelle jingle olympique créé par le consortium des télédiffuseurs olympiques canadiens.
         
       

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